MERISE et Pacdesign, la Micro connectée

PACBASE correspond maintenant aux besoins du marché, mais la technologie évolue, la micro informatique a fait un bond important avec le PC d’IBM.
MS/DOS puis Windows arrivent, et on se rend compte qu’il serait intéressant de connecter ces machines plus ergonomiques que des terminaux passifs (interface fenêtre, couleurs, souris, mémoire locale) aux grands systèmes, le mariage de la carpe et du lapin, pas évident au début, et que l’on va baptiser le Client/Serveur.
En 1981 apparaît le premier PC IBM, qui va fonctionner avec le système MS/DOS, développé par un jeune et brillant informaticien, Bill Gates.

En réalité, Gates rachète  QDOS (Quick and Dirty OS) à la petite société SCP (Seattle Computer Products) et l’adapte ensuite au PC.

Mais une couche sera nécessaire à ce système en mode caractères pour s’adapter aux capacités du PC, et offrir du coup une ergonomie capable de rivaliser avec le Mac Intosh d’Apple.

Initié au début des années 1980, le projet Windows, connu à la base sous le nom d’Interface Manager, va être opérationnel en  novembre 1983 à l’occasion du salon américain COMDEX.

Microsoft retient finalement l’appellation Windows, mais sa commercialisation n’interviendra qu’en novembre 1985.

Dans cette première édition, Windows se présentait sous la forme d’une surcouche graphique à MS-DOS 5.0, un simple interface graphique possédant les caractéristiques d’un système d’exploitation

Deux années après, on passe à Windows 2,  les fenêtres des applications se chevauchent tandis  que Microsoft introduit des icônes et propose des raccourcis clavier.

Avec Windows 3.0 commercialisé le 31 octobre 1990, c’est  l’arrivée de la mémoire virtuelle et des pilotes de périphériques virtuels qui vont permettre le partage des ressources matérielles entre DOS et Windows.

Pacdesignpedale

Microsoft profitera également de la version 3.0 de Windows pour réécrire certaines parties critiques de Windows en les développant non plus en C mais directement en code assembleur.

Il en résulte une rapidité d’exécution accrue et une occupation mémoire réduite, ce qui permettra d’ailleurs à la station PACDESIGN/PACBENCH de commencer à fonctionner correctement alors que le produit est opérationnel depuis 1988.

Car, l’idée d’offrir un interface moderne et ergonomique aux concepteurs et développeurs PACBASE naît dans les années 85, au moment où MERISE arrive sur le marché.

Issue de l’analyse systémique, la méthode MERISE est le résultat des travaux menés par Hubert Tardieu dans les années 1970 et qui s’insérent dans le cadre d’une réflexion internationale, autour notamment du modèle relationnel d’Edgar Frank Codd.

Elle est devient un projet opérationnel au début des années 1980 à la demande du Ministère de l’industrie, et  utilisée en France, par les SSII de ses membres fondateurs (Sema-Metra et  CGI) pour les projets d’envergure, notamment de grandes administrations publiques ou privées.

LivreMerise

En 1983 paraît le livre d’Hubert Tardieu, Arnold Rochfeld et René Colletti, la méthode MERISE – Tome 1 Principes et outils.

Depuis 1980, Gérard Vahée de CGI travaille activement avec ses collègues pour amener dans la méthode des concepts qui existaient déjà dans CORIG, notamment ce qui touche principalement aux traitements avec les procédures.

A la sortie de la Méthode, les sociétés se lancent dans la réalisation  d’outils, profitant de l’avènement de la micro et de la capacité à dessiner des graphes, incontournables dans MERISE.

MERISE propose une démarche articulée selon trois axes pour hiérarchiser les préoccupations et les questions auxquelles on peut répondre lors de la conduite d’un projet:

Merise

Cycle de vie : phases de conception, de réalisation, de maintenance puis nouveau cycle de projet.

Cycle de décision : des grands choix, (étude préalable), la définition du projet (étude détaillée) jusqu’aux petites décisions des détails de réalisation et de mise en œuvre du système d’informations.

Chaque étape est documentée et marquée par une prise de décision.

Cycle d’abstraction : niveaux conceptuels, logique/organisationnel et physique/opérationnel (du plus abstrait au plus concret)

L’objectif du cycle d’abstraction est de prendre d’abord les grandes décisions métier, pour les principales activités (Conceptuel) sans rentrer dans le détail de questions d’ordre organisationnel ou technique.

On distingue, avant tout, les données et les traitements, même si les interactions entre les deux sont profondes et s’enrichissent mutuellement (validation des données par les traitements et réciproquement).

CORIG avait déjà bien avancé sur le sujet, mais ne savait traiter que du batch et ignorait les bases de données, même si Didier Roques avait produit une brochure à cet effet.

PACDESIGN

CGI a PACBASE et son référentiel, pas question de revenir dessus.

Il est indispensable que les Modèles y soient stockés en temps réel, et donc utilisables ensuite pour être transformés lors de l’implémentation physique, le développement, en entités PACBASE capables de générer les programmes batchs et transactionnels, ainsi que les SGBD et leurs accès.

On sait que l’interface du terminal passif de PACBASE ne va pas pouvoir rivaliser avec celui de ses concurrents comme MEGA.

Pascal Garrigue lance le projet en 1986 et le confie à de jeunes ingénieurs qui connaissent les outils permettant de réaliser ce type d’application, ce qui n’est pas le cas des équipes en place qui ne connaissent que le Mainframe.

 

Yvan Chemama, Benoit Gloanec, Jean-François Lévi, Hichem Jaballah, Marc Leroy vont donc participer à cette nouvelle aventure appelée la Station de travail, une application Windows connectée à un mainframe.

Mais faire parler du CICS (ou autre) avec du Windows n’est pas encore évident, et les middleware en sont à l’époque préhistorique, CGI va donc réaliser un outil de communication, GESCOM, dont François Blick va s’occuper activement.

PacdesignP

Deux modules sont définis, PACDESIGN pour la conception, PACBENCH pour la réalisation.

On en développera même un troisième, PACQUERY, confié à Benoît Gloanec,  pour que les utilisateurs puissent accéder directement aux bases de données sous forme de requêtes, avec une couche située au dessus de SQL, car commence la mode des Info centres.

Mais PACQUERY n’aura pas le succès escompté.

Pour PACDESIGN, il s’agit de ne pas rester mono-méthode, et de répondre à celles utilisées dans les pays anglo-saxon, comme SSADM ou YOURDON.

Mais revenons à MERISE.

On y trouve deux grands concepts, les données et les traitements, et trois étapes, le conceptuel, le logique et le physique.

PACDESIGN représentera donc principalement cinq modèles, le MCD,  le MCT, le MLD, le MLT, et pour la partie physique, le MPET (Modèle physique externe des traitements).

Le modèle physique des données sera directement décrit dans la phase de réalisation dans les entités blocs de base de données, alors que les autres modèles seront représentés sous forme de graphe.

Car, c’est là le challenge de PACDESIGN, représenter des graphes qui utilisent des entités auxquelles ils sont chaînés, et surtout faire de la réutilisation son arme absolue, avec l’idée que la réalisation récupérera un maximum d’éléments, comme la propriété associée à la rubrique.

De plus, PACDESIGN offre aux  concepteurs la possibilité de créer leurs modèles à travers les méta modèles fournies par la station de travail.

Plus de détail en lisant  Merise et Pacdesign ici