PAC/TP, le Transactionnel arrive

En 1977, Bernard Chapot constate que son produit doit passer à une nouvelle et  importante phase technologique.
Le transactionnel est désormais présent dans l’organisation du travail, PAC ne peut plus se contenter de ses bordereaux, de ses cartes perforées, de ses bibliothèques sur bande magnétique et de son générateur Batch.
Rappelons qu’à la fin des années 60, on conçoit les  traitements d’applications par lots, et donc pour un nombre peu élevé de tâches, lesquelles ont généralement un accès exclusif aux fichiers et ressources qu’elles utilisent.

cics

Pour la gestion des transactions, on attendrait plutôt d’un système qu’il soit conçu pour gérer de nombreuses tâches simultanées, utilisant les mêmes ressources, et surtout que les utilisateurs puissent accéder et les mettre à jour directement en temps réel.

CICS est proposé dès 1968 dans le but de fournir une solution à ce problème.

Mais c’est vraiment dans les années 70 qu’il va prendre son essor, de même que les moniteurs TP de la concurrence.

Et lorsque cela n’existe pas, comme sur l’Honneywell 2000, les entreprises elles-même vont les fabriquer, comme Aussedat Rey en 1975.

CORIG C est très orienté Batch, on tente aussi à CGI de faire évoluer la méthode, Didier Roques s’y emploie, avec un certain Gérard Vahée qui deviendra un des grands gourous de MERISE.
L’arrivée des Bases de Données qu’il va falloir bien prendre en compte, DL1 mais aussi IDS, IDMS, annonce un peu tôt la mort du séquentiel indexé et du relatif.
Didier Roques réalise même un document CORIG et les bases de données.

Basededonne

Les premières bases de données hiérarchiques sont apparues au début des années 1960.

Les informations étaient découpées en deux niveaux de hiérarchie, avec plus tard un découpage pouvant ensuite été étendu pour prendre la forme d’un diagramme en arbre.

En 1965, Charles Bachman conçoit l’architecture Ansi/Sparc encore utilisée de nos jours.

En 1969, il crée le modèle de données réseau au sein du consortium CODASYL pour des applications informatiques auxquelles le modèle hiérarchique ne convenait pas.

DL1, IMS DC, produit IBM, faisait partie des bases de données hiérarchiques, IDS, IDMS, de norme CODASYL faisait partie des bases de données en réseaux.

Plus tard apparaîtront les bases de données relationnelles.

Mais revenons à CGI, ça bouge, ça cogite, nous n’avons pas encore d’écran rue de grenelle et encore moins de CICS actif à Montreuil.

La 4L pour amener les bacs de cartes à Montreuil
La 4L pour amener les bacs de cartes à Montreuil

Qu’à cela ne tienne, le client CIBA GEYGY va proposer ses services pour accueillir les hommes de CGI qui vont développer le nouveau produit, un certain PAC TP.
Deux ingénieurs vont faire équipe, Alain Destips et Pierre De Robert qui vont partir en commando.
Les spécifications sont définies, et comme les Macro-Structures sont devenus les pièces indispensables du puzzle, on va fabriquer toute l’architecture du produit et utiliser le générateur batch pour produire des transactions CICS.
D’ailleurs, beaucoup de clients utiliseront cette technique, et le PACBASE du 21eme siècle, lui même,  fonctionne toujours aujourd’hui avec ce principe.
Car PAC à l’époque ne génère pas d’applications transactionnelles et son module Dialogue n’existe pas encore.
De réunions en réunions, avec la bénédiction du maître, on crée les spécifications et on passe à l’attaque.
On évolue aussi du séquentiel au séquentiel indexé et au relatif, et du coup,des horizons insoupçonnés s’ouvrent.
La base PAC composée de ces deux types de fichiers va pouvoir s’étaler au delà de ses deux niveaux de bibliothèques, qu’à cela ne tienne, on va passer à 9.
De plus, pourquoi ne pas «  historiser  » et faire vivre plusieurs versions en même temps.

Referentiel
Enfin, les mots clés calculés depuis les noms en clair des entités vont permettre la constitution d’un thésaurus.
Tout cela s’ajoute à la reprise des entités existantes, rubriques, fichiers, enregistrements, états, programmes, macro-structures, tâches ou textes, manuels utilisateurs.
On va générer le COBOL à partir de la base, qui s’appuie  sur un fichier  relatif, le PR (qui deviendra plus tard le AR), et un fichier séquentiel indexé, le AN.
L’un pour les données, l’autre pour les index.

Le livre magique de l'équipe Technique
Le livre magique de l’équipe Technique, le AN pointe sur le PR

Il faudra aussi reprendre une à une toutes les bibliothèques séquentielles, dont la centrale, et les  fusionner dans des procédures de reprise pour passer de PAC700 à PAC TP.
PAC s’est engagé à assurer la portabilité vers le haut de tous les programmes et le  fera durant quarante ans.
Un programme écrit en 1972 doit fonctionner en 2012, malgré les problèmes d’évolution  posés au fil du temps.
Ah – la rubrique à 6 caractères  !

PAC Une équipe, des hommes

L’équipe est petite, mais complémentaire et soudée et elle doit grossir mais pas n’importe comment.
Les recrues doivent apporter un plus, mais aussi s’intégrer.
C’est ainsi que débarquent Fabrice Plateau,  Marie-Véronique Boyle, Hong N’Guyen, Hong Buy-Quack, Bruno Charpentier mais aussi Pascal Garrigue et Bernard Maury qui vont  jouer un rôle majeur dans le produit.
La mémoire à souvenir me fait certainement oublier un peu de monde, mais ils ne m’en voudront pas j’espère.
Sur un plan pratique, on dispose d’un CICS, car CGI s’est musclé en machines en rachetant  une autre société.
On a vu arriver deux écrans 3270 qu’on se partage à tour de rôle.
Mais il y a aussi le commercial, l’après-vente, l’avant-vente, la formation, le monitorat, la hot-line.
Jean-Claude Cocquant est notre premier commercial, d’abord pour un outil de performance (MM1), vite rejoint par Joël Memmi.
Ils viennent aider Christiane Nonon et apporter leur expérience du marché.
Nicole Moreau prend en charge la formation, Jacques Hervé le monitorat avec le renfort de François Lovas et Christophe Goux.
Évidemment, il faut une gestion, et Bernard Chapot se penche sur le problème avec le fidèle Maurice Ricard.
Ils vont créer un outil de gestion interne, son nom, GESPLAN, tout cgiste va vivre avec, jusqu’en 1993 et l’intégration IBM.
PAC commence à jouir d’une certaine renommée, même si on essuie les plâtres avec PAC TP.
Les clients souhaitent un générateur d’applications TP, demandent une gestion des bases de données qui arrivent sur le marché, avec DL1, IMS, IDS II, IDMS, Socrate…
De plus, avec le plein écran qu’offrent ISPF ou TSO, les demandes se font plus pressantes.

Au cinquième étage, on relève aussi les défis.

L'équipe Pac
CGI a une équipe de Football qui joue le samedi en corporatif composée exclusivement de membres de SIGA GIP.
Bruno Stéfani, le patron, occupe le poste d’ailier gauche.
A force de discuter de  ce sport qui commence à devenir célèbre en France avec l’épopée des verts et des bleus de Platini, on me demande de constituer une équipe pour affronter les hommes de Stéfani, déjà rompus à la compétition.
Je pratique depuis longtemps, et comme tout bon marseillais,  je suis tombé dans la marmite du stade Vélodrome tout petit.
Aussitôt dit, aussitôt fait, on constitue le onze de départ qui jouera au Polygone de Vincennes l’honneur de PAC contre celui de SIGA/GIP.
Dans les buts, le moniteur Christophe Goux, Michel Perretto et Pascal Garrigue à l’arrière, Alain Destips et moi même en défense centrale, trois copains footballeurs pour tenir le ballon au milieu du terrain, Pierre De Robert, Hong Buy-Qack et Fabrice Plateau en pointe.
A part moi-même et mes trois coéquipiers du dimanche, aucun n’a joué, sauf dans la cour de récréation.
On tiendra 80 minutes un score de 2 à 2 malgré les déboulés de Bruno Stéfani, mais on craquera  sur la fin.
6 à 2, le score est lourd, mais on a la fierté d’avoir tenu le choc.
Pascal Garrigue pas très adroit mais volontaire a démoli les chevilles de ceux qui s’aventuraient dans sa partie de terrain.
Plus par maladresse que par méchanceté.
De Robert et Plateau ont été les buteurs, tandis que François Lovas rentré sur le terrain pour apporter tout son poids au milieu du terrain, en est ressorti tout de suite avec un solide claquage.
Mais tout se terminera par une troisième mi-temps, l’honneur est sauf.

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